Archives de Tag: lycée professionnel

Il faudra raisonner en termes de « continuum » et moins en termes d’opposition entre LP et CFA

Par défaut

Entretien de François Jarraud, dans le Café pédagogique du 12 mai 2014, http://www.cafepedagogique.net

Le café pédagogique : On assiste à une forte promotion de l’alternance et de l’apprentissage. L’enseignement professionnel de l’éducation nationale doit-il se sentir menacé ?

Aziz Jellab : Les acteurs de l’enseignement professionnel au sein de l’éducation nationale, notamment de nombreux enseignants, manifestent une certaine méfiance à l’égard de l’apprentissage en alternance pour des raisons historiques mais aussi parce que les ruptures de contrat, comme l’existence de formes d’exploitation de jeunes, masquent souvent les cas de réussite. Cela relègue aussi au second plan le fait que les LP se sont rapprochés des CFA dans plusieurs académies sous le poids de politiques scolaires incitatives et de partenariat plus soutenu avec des conseils régionaux.

L’histoire de la formation professionnelle des futurs ouvriers nous enseigne qu’elle a bénéficié à l’origine d’une meilleure reconnaissance parce qu’elle était distincte de l’enseignement scolaire classique. Davantage arrimé aux milieux professionnels, associant fortement une formation générale avec une formation professionnelle, et assurant le plus souvent une promotion sociale car les titulaires d’un CAP accédaient au statut d’ouvrier hautement qualifié, de technicien, voire d’ingénieur, l’apprentissage professionnel a su attirer une frange des jeunesses populaires aspirant à un avenir meilleur que celui de leurs parents. Le CAP a donc commencé par être préparé sur le mode de l’apprentissage avant de devenir un diplôme préparé également dans le cadre des CET puis des LP. La progressive scolarisation de l’enseignement professionnel a disqualifié l’orientation vers le LP, tandis que l’apprentissage en alternance continue à bénéficier d’une image plus positive. L’incapacité de l’enseignement professionnel à former massivement et rapidement une main-d’œuvre qualifiée a conduit dès 1971 à la promotion de l’apprentissage en alternance (dans le cadre de la loi de Juillet 1971 relative à la formation professionnelle continue). Cela a conduit dès le début des années 70 à relever une certaine concurrence entre l’enseignement professionnel sous statut scolaire et l’apprentissage en alternance, une concurrence qui ne tient pas seulement aux déséquilibres entre effectifs en formation mais aussi aux champs professionnels proposés par l’éducation nationale et par les CFA (certaines spécialités sont quasi-exclusivement monopolisées par les CFA).

Depuis plus de vingt-cinq ans, l’apprentissage en alternance a connu des évolutions importantes. La réforme Séguin (1987) a élargi les domaines et les niveaux de qualification pouvant être préparés en alternance : on peut selon cette réforme préparer un diplôme de niveau V (CAP, BEP), de niveau IV (baccalauréat professionnel, brevet de maîtrise et brevet professionnel) et de niveau III (DUT, BTS). Par ailleurs, il est devenu possible d’effectuer un parcours diplômant en tant qu’apprenti en préparant plusieurs diplômes successifs. En 1992, Edith Cresson élargit encore plus les niveaux de qualification en y incluant les diplômes de niveau II et de niveau I (Bac + 3, 4, 5 et diplômes d’ingénieur). Dans le cadre de la Loi quinquennale pour l’emploi (Décembre 1993), les maîtres d’apprentissage ne sont plus obligés d’avoir un agrément pour recruter un apprenti. Les aides financières pour les entreprises embauchant des apprentis sont augmentées (cela a été confirmé récemment avec la Loi sur l’Egalité des chances, votée en Avril 2006, dans son volet relatif aux jeunes sans qualification). Un rapprochement entre l’éducation nationale et l’apprentissage en alternance dans les CFA a été opéré. Ainsi, et afin d’augmenter le nombre d’apprentis préparant la partie générale du diplôme dans un établissement scolaire, les circulaires de rentrée n° 2005-067 du 15 avril 2005 et 2005-124 du 26 juillet 2005 invitent les académies à développer des unités de formation par apprentissage (UFA) sous forme d’un partenariat entre un CFA et un EPLE. L’Education nationale souhaite ainsi mettre en synergie des ressources pédagogiques et renforcer une division du travail entre l’institution scolaire et les entreprises.

On constate une forte progression du nombre d’apprentis dont les effectifs doublent quasiment en l’espace d’une vingtaine d’années. Mais alors que le nombre d’apprentis de niveau V (CAP ou BEP) enregistre un léger recul, la part de ceux qui préparent un diplôme de niveau IV (baccalauréat professionnel, brevet professionnel…), de niveau III (BTS, DUT…) et de niveau II et I (Bac + 3, 4, 5…) augmente de manière spectaculaire. Si le CAP domine encore aujourd’hui parce qu’il regroupe près de 41,5%, plus d’un apprenti sur quatre est en baccalauréat professionnel, la même proportion prépare un diplôme du supérieur.

Mais si l’apprentissage en alternance peut être perçu comme concurrent au LP, c’est parce que la scolarisation de l’enseignement professionnel a eu un effet symbolique en éloignant au moins partiellement l’école des milieux professionnels. Il convient par exemple de rappeler que les promoteurs de l’enseignement professionnel, quand au lendemain de la Seconde Guerre mondiale les centres d’apprentissage – ancêtres des CET, du LEP puis du LP – se sont développés en masse, y ont vu un moyen d’assurer aux enfants de milieu populaire une promotion professionnelle et sociale. Il s’agissait de former « l’homme, le travailleur et le citoyen », alors même que le mouvement ouvrier était porté par des valeurs de lutte et de contestation de la domination capitaliste. Il faut souligner qu’il y a peu de jeunes qui effectuent tout un parcours diplômant par apprentissage ! Le fait par exemple que la plupart des apprentis du supérieur proviennent de la voie scolaire (plus de 80%) montre que l’on ne peut véritablement parler de « filière apprentissage », comme si les employeurs privilégiaient les « scolaires » plutôt que les « professionnels » dès qu’il s’agit d’un niveau supérieur au baccalauréat.

Comme l’apprentissage constitue, pour une partie des jeunes, une autre « planche de salut » pour reprendre l’expression de l’historien Gérard Noiriel à propos de l’enseignement professionnel, il faudra raisonner en termes de « continuum » et moins en termes d’opposition entre LP et CFA. Le risque, me semble-t-il, serait que le LP devienne un contexte de préparation à des métiers peu recherchés par les employeurs quand les CFA assureraient les formations les plus rentables sur le marché du travail. Voilà pourquoi l’ouverture sur les milieux professionnels, au-delà de son caractère nécessaire quand on forme des futurs employés, ouvriers ou techniciens, donnerait un peu plus de sens aux études et apporterait un appui à des PLP attachés à faire réussir leurs élèves.

 Aziz Jellab, L’émancipation scolaire. Pour un lycée professionnel de la réussite. Presses universitaires du Mirail.

L’émancipation scolaire : pour un lycée professionnel de la réussite, un nouveau livre d’Aziz Jellab

Par défaut

L’émancipation scolaire : pour un lycée professionnel de la réussite par Aziz Jellab

Presses universitaires du Mirail-Toulouse, Toulouse, France, prix : 19.00 €, mars

Comment caractériser le lycée professionnel aujourd’hui et quelle place occupe-t-il au sein du système scolaire ? Comment les élèves s’y engagent-ils et y construisent-ils un sens à leurs études et quelles stratégies les enseignants mettent-ils en place afin de favoriser la réussite d’un public provenant majoritairement de milieu populaire ? S’appuyant sur des enquêtes de terrain menées depuis plusieurs années, cet ouvrage traite de ces différentes questions. Il aborde les effets de la réforme du baccalauréat professionnel en trois ans, l’émergence des projets de poursuite d’études dans l’enseignement supérieur court, et s’interroge sur le devenir du CAP qui accueille le plus souvent le public scolaire le plus fragile. Prenant le contre-pied des rares recherches sociologiques qui ne pensent l’enseignement professionnel que sous l’angle de la reproduction sociale des rapports de domination, le propos pointe les défis à relever pour une institution qui doit assurer à son public une émancipation scolaire alliant compréhension, accompagnement et exigence intellectuelle.

Docteur en sociologie et en sciences de l’éducation et habilité à diriger des recherches, Aziz Jellab est inspecteur général de l’Éducation nationale et chercheur associé au CERIES (université de Lille III). Auteur de plusieurs ouvrages et articles, il a notamment publié Sociologie du lycée professionnel (Presses universitaires du Mirail, 2009), Les étudiants en quête d’université (L’Harmattan, 2011)…

Les parcours des élèves de la voie professionnelle, évolutions depuis la mise en œuvre de la rénovation et nouveaux enjeux

Par défaut

Rapport de décembre 2013
Jean-François CUISINIER, Martine CARAGLIO, Bénédicte DURAND, Annie GALICHER, Martine SAGUET, Inspecteurs généraux de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche
La voie professionnelle s’affirme incontestablement comme une voie de la réussite pour beaucoup de ses élèves. La génération de la rénovation de la voie professionnelle accède en plus grand nombre au baccalauréat professionnel ainsi qu’au CAP, dont le rôle est particulièrement important pour les élèves les plus fragiles. Les sorties précoces sans diplôme au cours du nouveau cycle du bac professionnel tendent à diminuer. L’augmentation de la demande de poursuite d’étude vers l’enseignement supérieur elle-même témoigne d’un relèvement des ambitions qui doit être porté au crédit des équipes pédagogiques. La logique de parcours plus personnalisés, plus réversibles, se met en place progressivement au sein de la voie pro (cycle CAP / bac pro en quatre ans), plus difficilement entre les voies de formation (passage de la seconde GT en première pro).

Mais, malgré ces indéniables réussites, les sorties en cours de formation restent importantes au sein du cycle du bac professionnel (avec au mieux une sortie avec une certification intermédiaire en première). Et surtout l’augmentation du nombre de bacheliers ne doit pas masquer la baisse importante du taux de réussite à l’examen par rapport à la période antérieure à la réforme.

De plus le parcours des élèves engagés en CAP reste très fragile. La « somme » des élèves sortant chaque année sans diplôme de la voie professionnelle en cours de formation ou susceptibles de le faire après un échec à l’examen du CAP ou du bac professionnel demeure très élevée (de l’ordre de 100 000). Même s’il faut prendre les données sur les sorties avec beaucoup de prudence, l’ordre de grandeur reste très préoccupant, surtout si on le croise avec les données disponibles par ailleurs sur les sorties du système éducatif sans diplôme.
De ce fait, un fossé encore plus grand risque de se creuser entre les élèves qui plus nombreux accèdent désormais au bac professionnel (voire à un BTS) et les élèves qui continuent de sortir sans aucun diplôme. Ces questions se posent en outre avec une acuité encore plus grande dans certains territoires, les écarts de parcours des élèves sont en effet considérables entre les académies observées.(…)

Le rapport préconise de fixer au niveau national et académique quelques objectifs prioritaires centrés sur l’amélioration de la réussite des élèves et la réduction des sorties en cours de formation tout au long de leur parcours :

  • rapprocher le taux de réussite au baccalauréat professionnel de son niveau antérieur à la réforme ;
  • lutter contre l’érosion en cours de formation au CAP ;
  • réguler et accompagner l’accueil des bacheliers professionnels pour réduire l’échec en STS ;
  • réduire les écarts entre les académies ;

Il recommande d’impulser et accompagner au niveau académique la construction de parcours plus personnalisés et plus diversifiés :

  • poursuivre le développement du parcours CAP / baccalauréat professionnel ;
  • concevoir les passages entre voie professionnelle et voie technologique selon une véritable logique de parcours ;
  • favoriser la complémentarité et les parcours mixtes avec l’apprentissage ;
  • accompagner et sécuriser les parcours des bacheliers professionnels accueillis dans des formations autres que les STS ;

Il propose enfin de conduire au niveau national une réflexion avec les branches professionnelles sur l’articulation entre les nouveaux parcours de formation et les évolutions de l’insertion professionnelle.

Pour accéder au rapport…

Gagner contre le décrochage scolaire, assurer une qualification : le pari est possible !

Par défaut

Ce lundi 7 octobre,  l’Association française pour le développement de l’enseignement technique (AFDET) et l’AGEFA-PME sous le patronage du ministre de l’Education nationale organise une journée sur le décrochage…

Etat des lieux et dispositifs avec de nombreux intervenants

Rappel sur le contingent des décrocheurs :

2,5% des élèves en fin de collège (qui arrêtent leurs études) : 10 000

– 12% des élèves de lycées professionnels (arrêt au début de la seconde pro ou du CAP première année) : 30 000

Echecs aux examens au LP et non redoublement (sans qualification) : 35 000

Apprentissage (arrêt de formation, rupture de contrat, échec examen) : 35 000

Seconde générale : 1,5% ?

Echec au Bac général et non redoublement (sans qualification) : 30 000

 BTS (22%) : 40 000

 IUT (7%) : 10 000

Licence (20 à 30%) : 80 000

Lycéens pro et heureux de l’être : quand l’AFEV balaie les clichés

Par défaut

Article d’Emmanuel Vaillant publié le Mercredi 25 Septembre 2013 sur le site http://www.letudiant.fr

« Les lycées professionnels sont à l’affiche de la Journée 2013 du refus de l’échec scolaire organisée par l’AFEV le mercredi 25 septembre. À cette occasion, une enquête exclusive menée auprès d’un millier d’élèves en lycée professionnel présente un panorama inédit sur leurs choix d’orientation et leur vécu scolaire. Loin des clichés.

  • Première surprise de cette étude menée dans le cadre de la sixième Journée du refus de l’échec scolaire organisée par l’AFEV : l’image du lycée professionnel forcément vécu par les élèves comme une voie de relégation est bien écornée.

Ainsi, près des deux tiers des jeunes interrogés ont le sentiment d’avoir choisi leur orientation après la classe de 3e. Et leur perception du lycée professionnel est plutôt très positive : plus de la moitié d’entre eux jugent que le lycée pro est “mieux que le lycée général”. Quant à comparer au collège, 83 % d’entre eux lui préfèrent le lycée professionnel. (…)

Pour lire la suite de l’article…

Journée du Refus de l’Echec Scolaire le 25 septembre sur le thème du Lycée professionnel

Par défaut

logo_JRES2013Pour la 6ème année consécutive, l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV) organise le 25 septembre 2013, la Journée nationale consacrée au refus de l’échec scolaire en partenariat avec Trajectoires-Reflex et une trentaine d’organisations.
Pour dénoncer la sortie chaque année sans diplôme d’environ 150 000 jeunes, l’Afev organise, depuis 2008, la « Journée du Refus de l’Echec Scolaire » (JRES) désormais identifiée par les médias comme la journée annuelle où le regard du grand public se focalise sur la question de l’échec scolaire.
Construite autour du Baromètre annuel du « rapport à l’école des enfants des quartiers populaires » réalisé par le cabinet Trajectoires-Reflex, cette journée permet de rapporter la parole et le ressenti des premiers concernés : les enfants et jeunes en fragilité dans leur parcours éducatif.
En suivant la logique de ces cinq dernières journées, l’édition 2013 abordera la question des lycées professionnels sous le parrainage d’Aziz Jellab, sociologue, spécialiste du Lycée Professionnel et Inspecteur général de l’Éducation Nationale.
Au cours de cette 6e édition, l’AFEV attirera l’attention publique sur le paradoxe des lycées professionnels qui, envisagés comme une voie de relégation, concentrent aujourd’hui les difficultés exfiltrées des filières généralistes alors qu’ils constitueraient un puissant levier en termes de réduction des taux de sortie sans diplôme et de hausse du niveau moyen des qualifications.
Pour l’AFEV la question de la réussite et de la revalorisation des filières professionnelles constitue un enjeu éducatif et social, mais aussi un élément clé du modèle économique français.

Accès au site : http://www.refusechecscolaire.org/

Nous n’atteindrons pas les objectifs que nous nous sommes fixés sans donner à l’enseignement professionnel toute la place qui lui revient

Par défaut

Extraits du discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, au Lycée professionnel Gaudier Brzeska Saint-Jean-de-Braye dans le Loiret, lundi 2 septembre 2013

(…) Dans cet établissement, qu’on peut qualifier de pionnier, j’ai choisi de faire la pré-rentrée avec les professeurs. C’est vrai que l’on aurait pu imaginer que je me rende dans une école primaire qui est la priorité du grand chantier de la refondation de l’école. J’aurai pu aussi visiter un collège, un lycée, mais j’ai choisi avec mes collègues du gouvernement, ce lycée. Ce lycée Gaudier-Brzeska. Chacun le sait, c’est là qu’on forme aux métiers. Et cette question est pourtant essentielle pour notre pays, mais on n’est pas toujours suffisamment conscients de l’importance de ce que vous faites pour la jeunesse de notre pays.

Et en venant vous voir c’est l’occasion pour moi d’adresser un message d’abord aux enseignants des établissements de formation aux métiers. Un message, comme nous le disions ensemble avec Vincent Peillon, un message de confiance.

(…) Nous n’atteindrons pas les objectifs que nous nous sommes fixés sans donner à l’enseignement professionnel toute la place qui lui revient. Trop longtemps dans notre pays de longues cultures, seul l’enseignement général a eu droit de cité, et trop longtemps l’enseignement professionnel a été perçu voire pratiqué comme un choix par défaut. D’ailleurs les familles vivaient mal l’orientation de leurs enfants. Ils disaient : « ah bon mais c’est un échec ». Eh bien non ce n’est pas un échec et c’est une chance, et ce que j’ai vu ce matin n’a fait que me convaincre encore davantage. Parce que cette image négative, parfois péjorative, il faut la renvoyer définitivement au passé. Elle ne correspond plus du tout à la réalité. Et il est important de faire passer ce message à ceux qui en doutent encore, que l’enseignement professionnel est de tous nos enseignements celui qui a connu ces vingt-cinq dernières années la mutation la plus profonde. Le lycée d’enseignement professionnel des années 60-70 ce n’est plus qu’un souvenir, lui qui accueillait des classes conduisant au mieux au CAP, voire au BEP. Aujourd’hui devenu un véritable lycée professionnel ouvrant sur de véritables parcours de réussite, c’est lui qu’il faut promouvoir et saluer.

Je pense par exemple à la formidable contribution au baccalauréat professionnel. Cette formation qui est une invention, il y a maintenant vingt-cinq ans voulue par un autre gouvernement de gauche, et qui a permis à la France de se rapprocher de l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac, ce sont les lycées professionnels qui l’ont permis et le bac professionnel a été un acquis essentiel. Mais en visitant votre établissement trop brièvement, malgré tout je me suis fait cette impression que vous, vous allez encore plus loin. Vous vous êtes approprié la notion de lycée des métiers, vous préfigurez déjà le campus des métiers des qualifications que Vincent Peillon veut promouvoir et labéliser prochainement qui ouvre au-delà du bac – puisque vous allez jusqu’au BTS – et à la licence professionnelle. C’est dans cette direction que nous voulons avancer. Et le ministre de l’Education nationale et moi-même avons été impressionnés par ce que vous avez pu faire de cet établissement.(…)

La force de vos métiers, c’est de conjuguer une longue tradition de savoir-faire, et en même temps un profond besoin de renouvellement de technologies. (…)

Ici, vous avez su instiller de la souplesse dans votre organisation, grâce aux passerelles possibles vers le CAP, mais aussi du CAP au BAC Pro, du BAC Pro au BTS, du BTS à la Licence professionnelle. Là encore notre ambition est bien d’offrir à l’enseignement professionnel des parcours comparables, en durée et en excellence à ceux des autres voies.  C’est un enjeu considérable. Je l’ai dit il y a quelques jours devant les recteurs, et les rectrices, mais aussi les inspecteurs d’Académie, les secrétaires généraux des Académies, que je recevais à Matignon. (…)

Mais il y a aussi ce dialogue que j’évoquais avec les branches professionnelles, les entreprises, et c’est essentiel. J’ai posé la question tout à l’heure aux enseignants, comment ça se passe ? Il y a sûrement des progrès à faire, que l’offre de stage, l’offre en alternance soit plus importante, et donc ça passe par le dialogue : dialogue auquel les régions apportent un concours particulier. Mais à l’échelle nationale, j’installerai prochainement le Conseil national « éducation-économie » qui consistera en une sphère d’échange particulièrement utile, permettant aux entreprises, à leurs organisations professionnelles de mieux comprendre les enjeux du système éducatif, de contribuer positivement à son amélioration et d’en bénéficier elle-même.

C’est donc dans ce dialogue rénové et en lien avec les professionnels du secteur que nous saurons dépasser les oppositions stériles et trouver les moyens d’aller en avant au service de la jeunesse.

(…) Je vous souhaite une bonne rentrée et une bonne année scolaire.

Article complet consultable sur le site de Matignon.