Archives de Catégorie: Histoire de l’alternance

Les évolutions de l’apprentissage, de la formation scolaire, de la formation continue et la prise en compte de l’alternance

40 ans d’apprentissage à l’Éducation nationale

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Publication du CEREQ, Bref , n° 333 , mars 2015 , 4 pages par Damien Brochier et Claudine Romani

L’apprentissage au sein de l’Éducation nationale évolue discrètement depuis 40 ans. Au début des années 90, l’offre s’organise et s’institutionnalise ; pour autant, les effectifs restent en deçà des ambitions. Règles gestionnaires inadaptées et déficit de légitimité chronique au sein du monde de l’éducation sont en partie en cause. La volonté politique actuelle de lever ces freins passe par l’encouragement à la mixité des parcours de formation, ainsi que par le renforcement des partenariats avec les acteurs du monde économique.

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25 ans d’évolution de l’apprentissage : le rôle de l’enseignement supérieur

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Une tribune de Jean Saavedra, consultant de projets en éducation, publiée le 13/03/2014 sur le site http://www.letudiant.fr/educpros/opinions

Ancien directeur du CFA de Poissy qu’il a contribué à créer, Jean Saavedra a par la suite travaillé en tant que consultant sur la conception et le développement du le CFA de l’Essec ainsi que sur le dispositif d’apprentissage de l’Edhec. Poursuivant aujourd’hui son activité de conseil dans le domaine de l’enseignement supérieur, il revient sur l’évolution de l’apprentissage depuis un quart de siècle, dans une tribune pour EducPros, dont le premier volet est dédié au rôle de l’enseignement supérieur.

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Diagnostic régional de l’apprentissage

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Une étude très complète du Céreq rédigée par J.-J. Arrighi et Y. Fadda, « Tendances nationales et identités régionales : éléments de cadrage pour un diagnostic régional de l’apprentissage« , Net.Doc , n° 104 , 2012 , 40p.

La part de l’apprentissage au sein de l’offre de formation initiale progresse : les effectifs apprentis se sont accrus de 20 % entre 1996 et 2008. Cette évolution générale masque néanmoins de fortes disparités selon les régions, les métiers préparés et les entreprises concernées.

Ce document permet de se repérer dans l’archipel de l’apprentissage et de comprendre sa morphologie particulière dans le système productif, ainsi que ses déclinaisons régionales.

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La formation par alternance est-elle le remède au chômage des jeunes ?

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La formation par alternance est-elle le remède au chômage des jeunes ? Un débat lancé sur le site www.newsring.fr avec plusieurs contributions dont celle de Jean-Jacques Arrighi, chargé d’études au CEREQ.

Extrait :  « Rarement en France une politique n’aura été aussi consensuelle : depuis trente ans le développement des formations en alternance est soutenu de façon unanime par les formations politiques, par les syndicats de salariés comme par les représentants des entreprises, par les Régions comme par les Chambres consulaires. Le sujet est au cœur d’un flux continu de missions, de commissions, de groupes de réflexion, de rapports, de recommandations, d’annonces volontaristes, de politiques fiscales… Et pourtant, malgré les plaidoyers des capitaines d’industrie, malgré les investissements massifs des Régions, malgré les incitations fiscales toujours révisées à la hausse, aucun objectif quantitatif n’a jamais été atteint et le pays peine toujours à rassembler ces 500 000 apprentis qui, on l’oublie trop souvent, étaient déjà annoncés en… 1995. »

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Apprentissage dans le supérieur : comment convaincre les régions d’investir ?

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Une enquête d’Educpros… Entre 1996 et 2011, le taux d’apprentis diplômés du supérieur est passé de 6% en 1994 à 17% en 2005, et à près de 25% en 2011. Mais si la motivation de plus en plus d’établissements d’enseignement supérieur à ouvrir ou développer une filière en apprentissage n’est plus à démontrer, l’investissement des régions reste variable selon les territoires.

Qu’est-ce qui motive une région à investir dans le développement de l’apprentissage dans le supérieur ? Quelles sont les régions qui consacrent les plus gros budgets à l’apprentissage ? C’est ce que EducPros a voulu savoir en interrogeant des responsables de l’apprentissage au sein des états-majors régionaux, mais aussi des directeurs d’écoles ou d’universités qui ont développé l’apprentissage pour qu’ils partagent leurs «bonnes pratiques». Un très bon dossier de Sandrine Chesnel.

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Réflexions sur l’alternance : L’école du travail dans la pensée ouvrière

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Un excellent article de Gérard CHAUVEAU dans la revue Ville École Intégration n° 113 de juin 1998 qui replace l’alternance dans une perspective historique…

« Depuis plusieurs siècles, deux grandes conceptions divergentes s’affrontent… ou se superposent de façon confuse et contradictoire : le modèle économiste place au premier plan la formation de  » l’homo economicus  » tandis que le modèle humaniste privilégie celle de  » l’homo humanus « . Chacun (se) pose la question essentielle du sens de l’école, du sens que l’on donne à la formation de base (ou initiale) de l’être humain : l’enfant (le jeune) doit-il être préparé à la  » vie économique  » ou bien à la  » vie spirituelle  » ? Doit-on éduquer le (futur) producteur ou bien la personne ? Va-t-on viser la formation d’un  » membre accompli de la société  » ou bien  » le développement harmonieux de l’individu  » ?
Dans la France d’aujourd’hui, la lutte entre ces deux principes continue, même si elle est souvent occultée dans les discours autorisés. Il y a, d’un côté, ceux qui veulent une école  » fonctionnelle « , outil d’insertion socioprofessionnelle ; et, de l’autre, ceux qui défendent l’idée d’une école  » désintéressée « . Dans sa version caricaturale, elle est tentée d’associer la formation littéraire ou esthétique à l’image de l’homo hominus et la formation (pré)professionnelle à celle de l’homo economicus. Dans sa forme la plus élaborée, elle oppose deux définitions de  » l’école républicaine  » : l’une, intégrative, qui veut adapter, insérer, intégrer (sur le plan social et économique) ; la seconde, émancipatrice, qui s’efforce d’épanouir, d’affranchir, de libérer (sur le plan intellectuel et culturel).
Classiquement, la relation école/travail productif est donc conçue soit comme une simple succession entre deux périodes de la vie de l’être humain, soit comme un rapport de dépendance. Dans le premier cas, l’école est extérieure et indifférente à  » la vie active  » ; dans le second, elle est dominée par le monde économique, au service de l’emploi ou de l’entreprise.
Il existe pourtant une tout autre façon d’envisager le problème : elle consiste à faire de la production la base – ou une base – de l’éducation. Au siècle dernier, cette conception a connu des dénominations et des modalités variées : instruction (éducation) intégrale, école du travail, éducation (enseignement) polytechnique, école-atelier, éducation par le travail, éducation industrielle… Mais surtout elle a été reprise, avec des variantes et des nuances, par l’ensemble du mouvement ouvrier et socialiste du XIXe siècle. On la trouve chez les socialistes utopistes et chez les socialistes scientifiques, chez les réformistes et chez les révolutionnaires, dans la Première Internationale (Association internationale des travailleurs) et dans les premiers partis ouvriers et socialistes français, chez les pédagogues de 1848 et chez les Communards de 1871, chez Owen, Fourier, Saint-Simon, Proudhon et chez Marx (et Engels) (…) »

L’apprentissage : une des meilleures solutions pour lutter contre le chômage des jeunes

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Une très bonne tribune de Pierre Gandossi, président de l’AFIPE (organisme gestionnaire du CFA Vente et Commerce de Poissy) qui pointe l’ensemble des problématiques de l’apprentissage aujourd’hui en France.
Je me permets de la publier en entier. Cette tribune est parue sur www.mediaseine.fr le 21 avril 2011.
 
« Il y a déjà presque vingt ans, Edith Cresson, première femme en France à être Premier ministre, exhortait les français à croire davantage à l’apprentissage. Elle prévoyait d’abord 500 000 apprentis au bout de cinq ans et le double dix ans plus tard, seul remède, selon elle, pour lutter contre le chômage des jeunes.

Avec le recul, vu le nombre de jeunes aujourd’hui au chômage et sans qualification (plus d’un jeune sur cinq en moyenne), on peut regretter que son plan n’ait pas pu se concrétiser.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. D’autres gouvernements de gauche comme de droite ont pris la suite (Bérégovoy, Balladur, Juppé, Jospin, Raffarin, Villepin et Fillon), tous ont plébiscité les vertus de l’apprentissage, primes à l’embauche et exonérations sociales à l’appui. Entre-temps, pour essayer d’être plus efficace, le dossier a été transféré aux Régions.

Malgré un léger progrès, il faut se rendre à l’évidence, lorsqu’on regarde de près le nombre d’apprentis en France (420 000 en 2010) : les espoirs des différents gouvernements se sont brisés au contact de la réalité. La faute à qui ? Les raisons sont multiples : un système éducatif rétif à toute innovation, des employeurs qui ne sentent pas assez concernés et un dialogue social en panne ou peu inventif sur cette question.

Finalement, être jeune dans notre société française est devenu singulièrement un problème, autant pour celui qui ne possède aucune qualification que pour celui qui a fait le choix de poursuivre des études à l’université, faute de débouchés professionnels avérés.

L’apprentissage demeure donc une formation en alternance éprouvant de grosses difficultés à trouver sa place dans le système éducatif français, malgré un taux d’accès à l’emploi envié puisqu’il dépasse les 70 %. Considéré encore comme un enseignement secondaire, parce que professionnel, il s’adresse principalement aux jeunes les moins scolaires et à certains jeunes chômeurs sans qualification (environ 56% des apprentis préparent un diplôme de niveau V, BEP ou CAP).

Néanmoins, on constate une majoration de sa présence dans le supérieur (20% du total des apprentis), évolution due entre autres au fait que les grandes entreprises sont confrontées à des situations récurrentes de recrutement et obligées depuis 2008 et la loi de Cohésion sociale de 2005 de recruter 3% de leurs effectifs de cette manière.

De plus, Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, vient d’annoncer le 1er mars 2011 lors de son discours de Bobigny qu’il demandait au gouvernement de porter le quota d’alternants à 4% des effectifs dans les entreprises, ceci devant permettre l’embauche à terme de 135 000 jeunes supplémentaires.

Un système de bonus-malus serait institué pénalisant ainsi les employeurs récalcitrants. Le rapport Attali 2010 recommande lui aussi le développement de l’apprentissage dans tous les établissements publics d’enseignement qui en ont la possibilité (Lycées et Universités). Ce qui est loin d’être gagné, les enseignants de l’Education Nationale craignent, en effet, que son essor se fasse au détriment des GRETA, des lycées professionnels et de l’alternance sous statut scolaire.

La réforme des bacs professionnels en trois ans n’a rien fait pour arranger les choses. Les BEP ont disparu et les CAP sont en perte de vitesse. Les entreprises, de leur côté, hésitent à signer des contrats de travail aussi longs, inaugurant pour l’occasion une nouvelle forme de CDD.

 D’autant que ces quinze dernières années, les relations entre l’Education Nationale et les employeurs ont plutôt privilégié les stages en entreprise, ne nécessitant pas forcément une implication forte des deux parties, au point qu’un jeune de niveau supérieur au BAC ne revient pas plus cher aujourd’hui à un employeur qu’un jeune sans diplôme.

Un rapport de Conseil Économique et Social de 2006 estimait déjà à 800 000 le nombre de jeunes stagiaires en France, presque le double de l’effectif en apprentissage. Face à ce phénomène préoccupant, une nouvelle disposition gouvernementale, de l’époque de Martin Hirsch, prévoit désormais qu’un jeune stagiaire sous statut scolaire soit indemnisé dès son troisième mois de présence dans l’entreprise, plus de 400 euros/mois, ce qui reste très « bon marché », notamment dans les filières d’excellence.

Autre contrainte : sur 2 milliards d’euros de taxe d’apprentissage, moins d’un milliard vont effectivement à l’apprentissage, c’est-à-dire aux Centres de formation d’apprentis. A en croire Henri Lachmann, ex-PDG de Schneider Electric, entreprise du CAC 40 , chargé il y a quelques années de mener une mission de développement de l’apprentissage, à la demande de Jean Louis Borloo, ancien Ministre de l’Emploi, l’opacité du système de financement est véritablement un problème de fond : il déplore le fait que la taxe ne soit pas réservée uniquement à l’apprentissage.

Par ailleurs, les Régions se disent prêtes à assumer le pilotage du service public de l’orientation, aux côtés de celui de la formation professionnelle. Elles demandent à gérer également la taxe d’apprentissage, en lieu et place des organismes collecteurs des fonds de la formation, à l’instar des compagnies consulaires et des branches professionnelles.

Il est vrai que les formations de demain ne se présenteront pas toujours dans les mêmes secteurs d’activité, c’est l’une des raisons qui incite les pouvoirs publics à vouloir mutualiser cette manne financière dans le but d’éviter qu’une multitude d’intermédiaires sans rapport avec la promotion de l’apprentissage en bénéficie.

L’économie est mouvante et rappelle, chaque jour, à ceux qui l’oublient que les schémas organisationnels d’hier, comme ceux d’aujourd’hui, qu’ils soient publics ou privés, ne sont jamais éternels. Il faudra redoubler de persuasion pour faire comprendre aux plus sceptiques que l’apprentissage est bel et bien l’une des meilleures solutions pour lutter contre le chômage des jeunes, même si le chemin pour y parvenir reste semé de chausse-trappes. «