Archives de Catégorie: Conceptions de l’alternance

Définitions…

40 ans d’apprentissage à l’Education nationale

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Publication de Damien Brochier et Claudine Romani
Céreq Bref, n° 333 , 2015 , 4 p.

L’apprentissage au sein de l’Éducation nationale évolue discrètement depuis 40 ans. Au début des années 90, l’offre s’organise et s’institutionnalise ; pour autant, les effectifs restent en deçà des ambitions. Règles gestionnaires inadaptées et déficit de légitimité chronique au sein du monde de l’éducation sont en partie en cause. La volonté politique actuelle de lever ces freins passe par l’encouragement à la mixité des parcours de formation, ainsi que par le renforcement des partenariats avec les acteurs du monde économique.

Pour lire l’article : http://www.cereq.fr/publications/Cereq-Bref/40-ans-d-apprentissage-a-l-Education-nationale

L’alternance, plus qu’une alternative, un impératif

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Point de vue de Jean-Baptiste Besson, Dirigeant du cabinet Bessonconseil, paru dans Les Echos.fr le 20 septembre 2016

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POINT DE VUE – Tout cursus de formation devrait se traduire par une ou plusieurs années d’alternance. Ce cursus en entreprise pourrait utilement remplacer les stages.

En 2015, quelque 281.000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés soit une hausse de 2,3 % par rapport à 2014, selon la dernière étude de la Dares. Et ce sont principalement les entreprises de moins de 10 salariés qui ont été les actrices de cette dynamique retrouvée. Pourtant, l’apprentissage et, de manière plus large, les formations en alternance souffrent toujours d’un déficit de notoriété.

Ce désamour se reflète dans les chiffres connus par tous, notamment lorsque l’on procède par comparaison. En Allemagne, on compte trois fois plus d’apprentis, une durée moyenne d’apprentissage deux fois plus longue. Cela se traduit outre-Rhin par un taux de chômage des jeunes trois fois inférieur à celui de la France. Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai la chance depuis quelques années d’intervenir régulièrement devant un public de jeunes alternants. J’ai ainsi compris tout l’intérêt de ce parcours de formation pour les jeunes, bien sûr, mais aussi pour les entreprises.

Une envie de réussir dédoublée

Pour les jeunes, tout d’abord, qui se caractérisent par une énergie et une volonté de réussir d’autant plus forte qu’ils sont confrontés au quotidien aux réalités du monde de l’entreprise. Les jeunes, au même titre que leurs parents, ont conscience des difficultés d’insertion sur le marché de l’emploi. Appelés très tôt à effectuer des choix de formation, ils le font souvent avec inquiétude. Se former en alternance leur offre l’opportunité de toucher du doigt la réalité du métier souhaité, une réelle expérience professionnelle et les clefs de compréhension du monde du travail.

Les enjeux maîtrisés, ils ont désormais une envie de réussir dédoublée. La formation en alternance permet ensuite aux alternants de confronter les connaissances théoriques aux problématiques professionnelles qu’ils rencontrent dans leur entreprise. Mais elle leur permet aussi d’enrichir leur travail et par la même occasion leur entreprise par un regard neuf, rafraîchissant sur les outils professionnels, les méthodes de travail et les nouvelles technologies. Ce contrat gagnant-gagnant pour l’alternant et l’employeur est un facteur clef de succès pour toute l’économie française.

L’entreprise qui investit dans un jeune pour plusieurs années a d’autant plus intérêt à convertir, au terme de la formation, l’alternance en contrat de travail que le jeune est pleinement intégré à l’entreprise, formé à son poste de travail et conscient des enjeux du secteur. Surtout, il connaît et partage, et c’est sûrement l’essentiel, les valeurs et le projet de l’entreprise.

Passage obligé

Les formations en alternance sont par la même occasion d’autant plus énergiques qu’elles sont très souvent animées par des professionnels. Le formateur se doit d’enrichir ses interventions avec les remontées du terrain des alternants qui questionnent naturellement l’apprentissage théorique. Les cas pratiques étudiés en cours s’inspirent de la réalité des cas rencontrés par les jeunes en entreprise. Et le large éventail des formations en alternance offre aujourd’hui aux jeunes l’opportunité de se former aux métiers d’aujourd’hui comme de demain.

Alors que nous sommes entrés dans cette nouvelle ère du capitalisme cognitif, celle de l’économie de la connaissance, investir dans le capital humain défini par Schultz puis Becker, doit nous amener aujourd’hui à considérer l’alternance non plus comme une alternative mais tout simplement comme un impératif. Tout cursus de formation devrait désormais se traduire par une ou plusieurs années d’alternance, et non comme encore trop fréquemment aujourd’hui se conclure par un (des) stage(s).

L’enjeu majeur, au-delà des dispositifs juridiques, des aides et incitations fiscales, est de convaincre les entreprises, les jeunes mais surtout les parents de l’intérêt de l’alternance. Les prochaines échéances électorales à venir devront aborder ce sujet avec toute l’importance qu’il mérite, si l’on veut s’attaquer frontalement au mal endémique du chômage des jeunes.

Jean-Baptiste Besson est formateur-consultant en finance d’entreprise, dirigeant depuis 2010 du cabinet Besson Conseil.

Le Céreq découvre l’alternance intégrative !

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L’alternance intégrative, de la théorie à la pratique, Chantal Labruyère, Véronique Simon
Bref , n° 328 , 2014 , 4 p.

Dans le secteur social et médico-social, la réflexion sur l’alternance est ancienne. Organismes de formation et structures d’accueil sont aujourd’hui incités à pratiquer une forme d’alternance dite intégrative, dans laquelle savoirs théoriques et pratique professionnelle sont plus étroitement imbriqués qu’auparavant. Les terrains de stage deviennent sites qualifiants et les pratiques évoluent. Mais l’exigence de qualité et les coûts attenants peuvent entraver l’offre de stages, dans un contexte de rigueur budgétaire croissante.

Pour accéder à la publication… cliquer ici :  b328

 

 

Faire évoluer les gouvernances administratives vers plus d’empathie vers les entreprises et les territoires

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Mauvais temps sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et relations entreprises, article de Frédéric Avry sur le blog Educpro entreprises et carrières, 2 octobre 2014

Une réflexion pour l’enseignement supérieur mais pourquoi pas pour l’enseignement secondaire…

« Quelques modestes pistes : opérer une évolution dans la gouvernance politique des écoles en mettant en place de manière sincère et authentique des entreprises au centre de la table. Qui pourrait soumettre aujourd’hui à la « question » ses maquettes pédagogiques à des professionnels ? Idem, faire évoluer les gouvernances administratives vers plus d’empathie vers les entreprises et les territoires. Et naturellement bâtir une stratégie et plan d’actions afin de renouer avec les entreprises, les territoires et accompagner les étudiants et jeunes diplômés. »

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Développons l’alternance, avec une pédagogie rigoureuse, une alternance plurielle

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Édito de Philippe Meirieu dans L’Expresso du 3 octobre 2014

La journée de mobilisation sur l’apprentissage du 19 septembre 2014 et les annonces qui ont suivi ont suscité de l’enthousiasme chez les uns et de la méfiance chez les autres, de l’intérêt dans l’opinion publique et les médias, du scepticisme dans le monde économique et des inquiétudes dans plusieurs organisations professionnelles d’enseignants. Elle a cependant eu le mérite de permettre de dépasser, pour une part au moins, l’opposition caricaturale entre ceux qui, d’un côté, y voient « la » solution miracle aux problèmes de la formation et de l’emploi – quitte à en faire une machine de guerre contre une Éducation nationale considérée comme incapable de relever ces défis – et ceux qui y voient un retour de l’esclavagisme et du travail forcé des enfants – quitte à confondre l’ensemble des entreprises françaises, dont la multitude des artisans, TPE et PME, avec certains patrons du CAC 40 ! Pour autant, toutes les ambigüités ne sont pas levées et il reste, me semble-t-il, un vrai travail de clarification à faire, tant sur le plan pédagogique qu’institutionnel et politique.

Alternance et apprentissage : une confusion fâcheuse…

« Sortons donc des « guerres de religion » et des visions théocratiques de l’éducation et de la formation. Regardons de près ce qui contribue au développement des jeunes, leur donne une place dans la société et leur transmet des savoir-faire dont ils peuvent être fiers. Regardons ce qui crée de l’emploi de proximité et tisse du lien social dans les quartiers comme dans les zones rurales en voie de désertification. Bref, soyons attentifs à ce qui fait vivre nos territoires au quotidien. Et développons l’alternance, avec une pédagogie rigoureuse. Une alternance plurielle au sein de laquelle l’apprentissage aura sa place… sans avoir toute la place. Dans une palette de voies de formation qui seront toutes des voies d’accès possibles à une « excellence » enfin dégagée des clichés archaïques et des hiérarchies arbitraires génératrices d’humiliations, d’exclusions et, parfois même, de vies gâchées. »

Je vous invite à découvrir l’article en entier car il pose de très bonnes questions à tous ceux qui pratiquent l’alternance…

 

Intégrons le numérique à l’école, car il est notre nouveau monde : chronique d’Emmanuel Davidenkoff

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Publiée le 13/06/2014 sur le site de lexpress.fr

« N’attendons pas de savoir si le numérique améliore les apprentissages pour le diffuser massivement. Car la question est ailleurs. La chronique d’Emmanuel Davidenkoff, directeur de l’Étudiant.

Apprend-on mieux avec le numérique? La question occupe une bonne partie des débats entre « pro » et « anti » innovation. Les premiers sont sommés de prouver que le recours aux diverses technologies qui s’installent dans les établissements, de la maternelle au supérieur, améliorent « l’efficacité » des enseignements – qu’il s’agisse de la tablette tactile, du tableau interactif, des cours massifs en ligne (Moocs) ou des Environnements numériques de travail (ENT). Les seconds doutent et diffusent le doute, d’autant plus aisément que, faute de recul, les études nationales et internationales ne permettent pas, à ce jour, de trancher. Cette question de l’efficacité est légitime. Mais est-ce la bonne ? » (…)

Pour lire la suite de la chronique…

Et je rajouterai : intégrons le numérique à la formation par alternance, c’est déjà notre monde !

L’éducation formelle ne tient pas toutes ses promesses

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Article de Claire Thoury, publié le 18 mai 2014 sur son blog Educpros

La France prône la linéarité des parcours, les enfants intériorisent dès leur plus jeune âge la notion de réussite scolaire, notion prétendument unique qui voudrait que les jeunes obtiennent leur bac (si possible général) à 18 ans et leur master à 23 ans, tout en ayant accumulé l’expérience nécessaire pour s’insérer sur le marché de l’emploi entre trois et six mois après l’obtention du diplôme et dans un monde idéal, en CDI.

LE MODÈLE DE FORMATION FRANÇAIS, UN PARCOURS RIGIDE ET INADAPTÉ

Évidemment, rares sont les parcours aussi linéaires et par conséquent, nombreuses sont les fois où les jeunes français se sentent en situation d’échec.

Au-delà du sentiment d’échec, les jeunes français considèrent leurs choix d’études comme décisifs pour la suite de leur vie : moins de 8% des plus de 30 ans sont inscrits à l’université, les universités reçoivent environ 4000 demandes de VAE par an et n’en accordent que la moitié, etc. Le poids de la formation initiale sur les trajectoires de vie des étudiants serait déterminant, mais il est cependant difficile de savoir dans quelle mesure les freins sont psychologiques ou réels.

Dans son ouvrage Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe, Cécile Van De Velde met en relief le poids du diplôme en France. « Parce qu’il clive les destins sociaux de façon précoce en fonction du niveau de formation initiale, ce marquage du diplôme laisse une empreinte profonde sur les parcours de jeunesse en France : comparativement aux autres sociétés européennes, le temps de la jeunesse y est pensé comme l’âge du placement, censé figer le statut social futur de l’individu, et dominé par l’enjeu du diplôme et du premier emploi ». Cet extrait est frappant et montre à quel point les jeunes français et leurs familles ont intériorisé l’importance d’acquérir des diplômes le plus rapidement possible- l’âge médian des étudiants français est l’un des plus bas d’Europe occidentale. Le système éducatif français a des difficultés à s’adapter aux parcours atypiques et ne fait pas grand-chose pour les favoriser.

Cécile Van de Velde reprend une expression de François Dubet et parle de « verrouillage des destins sociaux », verrouillage qui peut rendre pessimistes nombre d’entre nous, encore que, comme nous l’avons montré dans l’un de nos précédents articles, 62% des jeunes répondants de l’enquête « Génération Quoi ? » ont confiance en leur avenir même s’ils se montrent réservés quant à l’avenir de la société.

L’ÉDUCATION NON FORMELLE, UN COMPLÉMENT INDISPENSABLE A LA FORMATION

Mais plus que des diplômés, la France se doit de former des adultes et pour cela, il devient impératif d’en finir avec cette survalorisation des parcours linéaires et de pluraliser la notion de réussite. Il n’existe pas de modèle unique de réussite et on constate que nombreux sont ceux qui ont répondu aux attentes de la société français et qui sont, malgré tout, loin d’être parvenus à atteindre leurs objectifs. Tout le paradoxe est ici : la crise économique que nous traversons rend extrêmement difficile pour la société, voire impossible, de donner aux jeunes français ce qui leur a été promis depuis la petite enfance en échange d’un parcours scolaire exemplaire. La désillusion est totale et la déception est grande et bien que l’on ne connaisse pas les véritables fautifs, force est de constater que l’on nous a menti !

C’est ici que le non formel prend tout son sens : engagement, volontariat, découvertes en tout genre, etc. Les bienfaits du non formel, du non académique, sont nombreux mais avant toute chose, le non formel permet de rompre avec la linéarité des parcours imposée par un système éducatif qui ne tient pas ses promesses.

L’émergence du non formel coïncide avec l’émergence de l’approche par compétences, et la conviction que si les qualifications sont précieuses, elles ne sont plus suffisantes et n’ont plus le monopole de l’insertion professionnelle rapide et de la garantie d’un statut social et financier supérieur.

La jeunesse française, comme nous le montre l’enquête « Génération Quoi ? » est en demande d’engagement et de parcours alternatifs : bénévolat, volontariat, entrepreneuriat, etc.

Pour répondre à cette demande, l’université se doit de mettre au cœur de son projet d’établissement une politique forte de vie étudiante afin que puisse être atteint le modèle idéal qui parvienne à relativiser la notion de réussite et à concilier qualifications et compétences, éducation formelle et non formelle, et qui nécessite parfois de prendre des chemins détournés, atypiques, en rupture avec la notion même de linéarité. Cela passe par une valorisation des engagements étudiants mais aussi par une ouverture aux dits adultes. Nous ne savons pas quels seront les métiers de demain et pour cette raison, la formation à toutes les époques de la vie doit être encouragée.

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