A partir de la fin des années 70 en France, les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, la remise en cause d’une école trop centrée sur la transmission des savoirs par le maître, la comparaison avec les systèmes éducatifs des pays voisins ont contribué à changer le regard porté sur la formation par alternance et à en découvrir les vertus. Des lois successives, d’abord sur les formations continues puis sur l’apprentissage (Loi Legendre 1980 – Loi instaurant les contrats de qualification 1984 – Loi Seguin sur l’apprentissage 1987) et l’introduction au sein même des programmes des formations du ministère de l’Education de nombreux stages (Création des Baccalauréats professionnels en 1985) ont contribué à l’irruption de l’alternance dans de nombreuses formations

Aujourd’hui l’intérêt de l’alternance ne fait plus débat, au risque même de faire oublier sa pertinence et son originalité. 

A force d’être banalisée, l’alternance se trouve trop souvent réduite au simple fait de réaliser des stages et de répartir la formation sur deux lieux différents en articulant, plus ou moins, les séquences réalisées en entreprise avec celles effectuées en centre de formation. 

« Le concept de l’alternance a connu une vogue croissante depuis une vingtaine d’années comme remède aux échecs cumulés de l’école dans ses capacités d’intéresser les adolescents et de les préparer à la vie professionnelle. L’alternance est-elle d’abord une solution de rechange pédagogique contre l’échec scolaire ou une véritable alternative de formation pour un vaste public ? On peut noter la mobilité des discours et des projets avec des chassés-croisés dans les prises de position de l’État, des syndicats et des entreprises. (…) Il apparaît donc nécessaire de préciser ce que l’on entend par alternance en explicitant les différents enjeux que sous-entend sa mise en œuvre. »[1] 

Comme le recteur Bachelard, il me semble important d’avoir un lieu qui tente d’éclairer ce que recouvre ce type de formation : c’est l’objectif de ce blog où je vous invite à prendre la parole. 

Et puis n’est-il pas nécessaire d’aller plus loin : «  Redéfinir tout apprentissage par sa position contradictoire et alternative entre les logiques n’est donc pas une simple innovation pédagogique. Ce déplacement porte en soi une « renverse » politique, car il rompt avec le décloisonnement actuel et avec sa force idéologique : par là ce projet d’alternance trouve sa pleine signification. »[2] 

(1) Paul Bachelard, Apprentissage et pratiques d’alternance, L’Harmattan, Paris, 1994, page 45.

(2 ) Bertrand Schwartz, Une autre école, Flammarion, Paris, page 231.

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L’animateur de ce blog, Patrick GUES, qui a suivi une formation initiale dans l’enseignement agricole, est titulaire d’une licence et d’une maîtrise en Sciences de l’éducation et d’un DEA en Sciences Humaines. Ancien formateur et ancien directeur de CFA, il est aujourd’hui cadre à l’Union nationale des Maisons familiales rurales. Il s’intéresse, entre autres, aux problèmes scolaires dans leur ensemble, à la formation des paysans et des ruraux dans le monde et à l’histoire de l’éducation. Il plaide pour une alternance ambitieuse, qui donnerait un nouveau souffle à l’éducation. 

Patrick Guès a publié aux éditions L’Harmattan : 

– Ils se sont engagés. Témoignages d’administrateurs et de salariés des Maisons familiales rurales, ouvrage collectif, Paris, 2007, 163 p. 

– Préface et annexes biographiques du Le livre de Lauzun par l’abbé Granereau, Paris, 2007, 242 p.  

– Petites humeurs passagères. À lire quand vous voulez, où vous voulez… Si vous voulez ! Paris, 2008, 111 p.  

– Adaptation française du Le Lit de la Mort, chronique d’une grève de la faim au pénitencier de Kénitra, Miloudi El Ktaïbi, Paris, 2009, 232 p. 

– Annexes historiques de L’étonnante histoire des Maisons familiales rurales par Florent Nové-Josserand, Paris, 2010.

"

  1. Bonjour

    J’aimerais faire un article dans la revue Travaux et Innovations sur la formation par alternance. Seriez-vous intéressé pour écrire cet article ou y contribuer ? J’aimerais en discuter avec vous quand vous le pouvez. Mon tel : 06 79 73 80 31.
    Cordialement. Muriel Astier.

  2. Monsieur Guès,

    Je suis journaliste au sein de la rédaction de Newsring.fr (créé par Frédéric Taddeï et dirigé par Chloé Leprince) et j’organise un débat sur la formation en alternance. Vous pouvez lire le contexte ici :http://www.newsring.fr/economie/680-la-formation-en-alternance-est-elle-le-remede-au-chomage-des-jeunes/reperes

    La question du débat est : « La formation en alternance est-elle le remède au chômage des jeunes ? » (réponse oui ou non obligatoire, mais qui peut être évidemment pondérée par un « oui/non mais » etc.).

    J’aimerais beaucoup avoir votre avis d’expert sur la formation en alternance. La question a été peu abordée lors de la campagne électorale, qu’en pensez-vous ?

    Si cela vous intéresse, nous publierons votre texte sous forme de tribune, non modifiée, non retouchée.
    Il ne doit pas être trop long, quelques lignes suffisent tant qu’un argument au moins est exposé. Et puis cela ne doit pas vous prendre trop de temps ! Si vous le désirez, vous pouvez tout de même écrire plus, bien sûr.

    Envoyer votre texte à Newsring :

    C’est très simple. Il suffit d’avoir un compte Facebook, Google + ou Linkedin, de vous inscrire directement sur notre site grâce à un de ces comptes et de poster votre contribution.

    Si vous ne pouvez pas vous inscrire avec l’un de ces réseaux sociaux, il est possible de m’envoyer votre texte directement par mail. Je vous créerai ensuite un compte annexe. Dans l’idéal, il me faudrait aussi une photo de vous.

    Le cas échéant, pourriez-vous m’aider à enrichir le débat, en me donnant le nom de quelques spécialistes de la question ?

    Bien cordialement,

    Bruno Bouchet – 06.40.88.90.00

  3. Bonjour,

    Le site officiel service-public.fr dit au sujet de la campagne de collecte 2014 sur salaire 2013 :

     » Pour la taxe due en 2014, les entreprises redevables doivent consacrer à l’apprentissage un quota égal à 57 % du montant de leur taxe d’apprentissage.

    Afin d’augmenter la part affectée au financement direct de l’apprentissage, ce quota passera à 59 % en 2015 ………………………………………….. »

    Puis :

     » Si le total de ces deux dépenses est inférieur au quota (55 % de la taxe) ou si le versement au titre du FNDMA n’atteint pas 22 % …… »

    On n’y comprend plus rien, il faut bien lire 57 % au lieu de 55 % pour 2014 ?

    Merci de votre réponse.

    Salutations.

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