Apprentissage : Alors, il nous faut agir ! Manuel Valls

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Discours de clôture du Premier ministre lors de la 3ème Grande conférence sociale pour l’emploi le 08/07/2014

« J’en viens à l’apprentissage. L’évolution récente est préoccupante : les entrées en apprentissage reculent, et il y a aujourd’hui moins d’apprentis qu’il y a un an. C’est bien sûr avant tout un reflet de la conjoncture générale de l’emploi, mais sans doute pas seulement. Nous ne devons pas accepter cette régression, alors qu’au contraire il faut faire davantage, même en période de moindres créations d’emplois.

J’entends parfois des chefs d’entreprise évoquer la « prise de risque » que représente l’embauche d’un apprenti. OUI, c’est un pari ! OUI, cela peut être compliqué d’avoir à forger la première expérience d’un jeune parfois désorienté ! Mais quelle richesse au final ! Combien de membres de vos organisations ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui si un patron, un jour, n’avait pas eu le courage de franchir le pas ?

Alors, il nous faut agir ! Le Président de la République a fixé un objectif : 500 000 apprentis en 2017. Et il a proposé, à la suite de nos échanges d’hier après-midi, la tenue d’une réunion à haut niveau – au mois de septembre – pour lever tous les obstacles structurels qui freinent la progression de l’apprentissage.

Les leviers à actionner s’inscrivent dans le temps d’une réforme en profondeur, initiée par la réforme du financement de la loi du 5 mars 2014 et qui doit se prolonger dans d’autres domaines :

  • En premier lieu, le rôle de l’Education nationale. Vous en avez parlé dans la table ronde dédiée. Il faut d’abord continuer d’œuvrer pour changer l’image de l’apprentissage. Et pour mieux l’intégrer au parcours éducatif et à la politique d’orientation à tous les âges. Nous devons nous fixer l’objectif d’augmenter le nombre d’apprentis formés dans les Etablissement publics locaux d’enseignement, en passant de 40 000 à 60 000. Mais l’éducation nationale doit aussi orienter davantage vers l’apprentissage et elle associera les professionnels, salariés comme employeurs, à la construction et à l’évolution du contenu des formations.
  • Deuxième levier structurel, le développement de l’apprentissage dans le secteur public. Le Président de la République en a parlé hier. Aujourd’hui, l’apprentissage y est extrêmement peu présent, 700 apprentis seulement dans la fonction publique de l’Etat. L’objectif est simple : il faut faire beaucoup, beaucoup plus : 10 000 à la rentrée 2016 a proposé hier le Président de la République. 15 fois plus en deux ans. C’est extrêmement ambitieux. Pour cela nous lèverons les contraintes de gestion qui bloquent aujourd’hui le développement de l’apprentissage dans la fonction publique d’Etat. Ainsi, les schémas d’emplois qui s’imposent aux ministères n’intègreront plus les apprentis.
  • Troisième levier structurel, le cadre réglementaire applicable aux embauches en apprentissage, en particulier des jeunes mineurs, pour concilier au mieux la prise en compte de leur jeunesse, ce sont encore des adolescents, et des contraintes qui reposent sur les employeurs.
  • Dernier levier enfin, la question du statut des apprentis, en particulier de leur rémunération.

Sur ces points structurels, le rendez-vous de septembre fixé par le Président de la République permettra d’enregistrer les premières avancées suite à vos échanges de ce matin et d’accélérer leur mise en œuvre.

Mais sans attendre, il nous faut nous mobiliser pour réussir la rentrée de l’apprentissage et engager le mouvement qui doit nous permettre d’atteindre l’objectif de 500 000 apprentis. Pour cela, plusieurs mesures financières seront mises en œuvre :

  • 100 millions d’euros issus des fonds européens seront dédiés dans les deux ans qui viennent à l’insertion des jeunes, en particulier les apprentis. Des appels à projets permettront d’aider les jeunes face aux problèmes très concrets qu’ils rencontrent : permis de conduire, hébergement, financements des premiers équipements.
  • Par ailleurs, 80 millions d’euros financeront de nouvelles formations et l’augmentation des capacités d’hébergement dans le cadre du programme d’investissements d’avenir.
  • Enfin, comme vous le savez, les branches professionnelles doivent négocier pour fixer des objectifs de développement de l’apprentissage. L’Etat est au rendez-vous de l’apprentissage et je vous annonce que 200 M€
    supplémentaires seront dégagés et votés dès la semaine prochaine pour appuyer ce mouvement :

– En premier lieu, pour étendre le potentiel des employeurs d’apprentis et inciter des chefs d’entreprise à recruter pour la première fois un apprenti, une aide de 1000 euros par apprenti sera mise en place dans les secteurs professionnels où un accord de branche aura été conclu.est une incitation forte à parvenir à un  accord.
– En deuxième lieu, ces crédits permettront de dégager des moyens supplémentaires pour le développement quantitatif mais aussi qualitatif de l’apprentissage : nous stabiliserons la répartition de la taxe d’apprentissage pour conforter le rôle des régions et donner plus de marges aux entreprises et aux apprentissage, accompagnement des CFA pour trouver des employeurs, prévention des ruptures, mixité des recrutements, embauches de jeunes  issus des zones urbaines sensibles, etc.

Ainsi, tous les outils seront en place pour réussir pleinement le développement de l’apprentissage.

 

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