Un plan pour loger les apprentis à la campagne

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Article de Kévin LAMBLÉ publié le mercredi 25 juin 2014 sur le site http://www.entreprise.ouest-france.fr

Offrir un hébergement à des jeunes, à proximité de leur lieu d’apprentissage. C’est l’objectif de l’action « Un toit pour ton projet ». Une initiative originale, surtout en milieu rural.
« Le but de notre projet n’est absolument pas lucratif », avertit d’emblée Yannick Vitali, directeur fédération départementale des MFR de Vendée. Il s’inscrit, au contraire, dans un contexte d’« économie sociale et solidaire ».

D’ailleurs, pas question de signer un bail ou un contrat de location. Mais plutôt une « charte de bonne conduite », basée sur des règles de savoir-être (discrétion, respect, confiance, ouverture, tolérance, savoir-vivre, politesse…)

De plus, pas de loyer exorbitant à régler en fin de mois. « Il s’agit d’une participation aux charges d’hébergement », précise Hélène Launay, responsable de l’association Un temps pour toit. Des charges d’hébergement déconnectées des prix du marché.

« Il faut que le dispositif soit accessible », insiste Hélène Launay. Ainsi, le jeune apprenti n’aurait pas plus de 5 € à débourser par nuit, 1,50 € pour le petit-déjeuner, 3 € pour le déjeuner et 3 € pour le dîner. « Ce qui ne lui coûterait que 60 € par semaine », se réjouit-elle.

La situation vécue par de nombreux jeunes en apprentissage, Yannick Vitali, la connaît bien. «Il y a 27 maisons familles rurales en Vendée et 6 000 jeunes adultes en formation de la 4e à bac +5. La particularité de nos formations, c’est l’alternance», explique-t-il.

Pour l’instant, avec dix familles potentielles d’hébergeurs, le projet reste embryonnaire. « Il y a sept maisons familiales rentrées en phase expérimentale en 2014. D’autres devraient suivre d’ici 2015 », affirme Yannick Vitali.

Une alternance qui fait émerger la question de l’hébergement. « En milieu urbain, c’est plus facile pour trouver des solutions. Par contre en milieu rural, c’est plus difficile », constate Paul Piveteau, président fédération départementale des MFR de Vendée. D’où l’objectif de mettre en relation des jeunes avec des familles. « L’idée est de faciliter les jeunes dans leur stage, que l’hébergement ne soit pas un frein malgré l’éloignement », précise Patrick Piveteau.

C’est là qu’intervient l’association Le temps pour toi. « Nous avons un public un peu différent puisque 90 % des hôtes hébergés ont entre 85 et 95 ans, explique Hélène Launay, responsable de l’association. Il y a tout un travail de recrutement, presque comme une agence matrimoniale. Car il faut réinventer un mode de cohabitation qui n’existait pas ».

Directeur du CFA des MFR de Vendée, Thierry Dubin voit deux vertus au projet. «Éviter la solitude des jeunes dans leur chambre et permettre, ainsi, de les rendre plus persévérants dans leur formation et donc limiter le décrochage scolaire.»

Deuxième intérêt, l’enjeu territorial en milieu rural. «Si un artisan peut prendre un jeune en alternance, c’est peut-être à lui qu’il repassera l’entreprise après quelques années», espère le directeur du CFA.

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