2008-2011, l’apprentissage face à un double choc

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Extraits note « Bref du Céreq » n°314 de septembre 2013, « Évolutions de l’apprentissage : entre mutations structurelles et effets régionaux » par Jean-Jacques Arrighi et Valérie Ilardi

« En 2008, la progression régulière des effectifs de l’apprentissage s’interrompt. Sans plus.
Face à la crise et aux destructions massives d’emplois le nombre d’entrées en apprentissage est peu affecté : 299 000 contrats signés en 2008, 288 000 en 2009 et de nouveau 295 000 en 2011. Il a certes bénéficié de bonifications fiscales exceptionnelles, mais ces mesures concernaient également les contrats de professionnalisation, qui, en proportion ont été plus affectés. Cette résilience est d’autant plus étonnante qu’au cours de la même période il a dû faire face à un second choc important : la rénovation de la voie professionnelle qui supprime le BEP et généralise l’accès direct au bac professionnel en trois
ans. Il est malheureusement trop tôt pour risquer une analyse géographique détaillée des effets respectifs et conjoints de ces deux évènements. De 2009 à 2011, les deux voies d’accès au baccalauréat professionnel ont coexisté selon un calendrier de rénovation qui différait selon la spécialité de formation et l’académie d’examen, rendant impossible toute mesure homogène.
Néanmoins, les premiers résultats étayent l’hypothèse d’une prolongation, voire d’une accélération des tendances observées entre 1997 et 2008. La crise n’a pas interrompu l’expansion de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur : entre les rentrées 2007 et 2011, les effectifs totaux d’apprentis inscrits en BTS progressent de 11 %, et ceux qui préparent
un autre diplôme de l’enseignement supérieur de 36 %. De même, le nombre d’apprentis préparant un brevet professionnel
s’est sensiblement accru. La crise a en revanche affecté les recrutements d’apprentis dans tous les métiers du bâtiment. Entre
2008 et 2011, le nombre d’apprentis inscrits en année terminale des CAP du gros œuvre diminue de 11 %, de 18 % dans le second œuvre et de 9 % dans le travail du bois ; elle a également freiné les nouvelles entrées dans les métiers du commerce et ceux de la réparation automobile. Au premier niveau de qualification, l’apprentissage continue sa progression sur d’étroites niches métiers dans les métiers des services (CAP petite enfance, diplôme d’agent de sécurité), mais il recule dans la plupart des CAP.
Pour autant, la rénovation de la voie professionnelle n’a pas encore produit tous ses effets. Le cycle d’un baccalauréat professionnel en trois ans rencontre de grandes difficultés pour se déployer sous contrat d’apprentissage. En 2008, 14 % des jeunes qui entraient en première année de baccalauréat professionnel étaient des apprentis. Ils ne sont plus que 9 % en 2011. »

Pour accéder à la note…

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