Nous n’atteindrons pas les objectifs que nous nous sommes fixés sans donner à l’enseignement professionnel toute la place qui lui revient

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Extraits du discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, au Lycée professionnel Gaudier Brzeska Saint-Jean-de-Braye dans le Loiret, lundi 2 septembre 2013

(…) Dans cet établissement, qu’on peut qualifier de pionnier, j’ai choisi de faire la pré-rentrée avec les professeurs. C’est vrai que l’on aurait pu imaginer que je me rende dans une école primaire qui est la priorité du grand chantier de la refondation de l’école. J’aurai pu aussi visiter un collège, un lycée, mais j’ai choisi avec mes collègues du gouvernement, ce lycée. Ce lycée Gaudier-Brzeska. Chacun le sait, c’est là qu’on forme aux métiers. Et cette question est pourtant essentielle pour notre pays, mais on n’est pas toujours suffisamment conscients de l’importance de ce que vous faites pour la jeunesse de notre pays.

Et en venant vous voir c’est l’occasion pour moi d’adresser un message d’abord aux enseignants des établissements de formation aux métiers. Un message, comme nous le disions ensemble avec Vincent Peillon, un message de confiance.

(…) Nous n’atteindrons pas les objectifs que nous nous sommes fixés sans donner à l’enseignement professionnel toute la place qui lui revient. Trop longtemps dans notre pays de longues cultures, seul l’enseignement général a eu droit de cité, et trop longtemps l’enseignement professionnel a été perçu voire pratiqué comme un choix par défaut. D’ailleurs les familles vivaient mal l’orientation de leurs enfants. Ils disaient : « ah bon mais c’est un échec ». Eh bien non ce n’est pas un échec et c’est une chance, et ce que j’ai vu ce matin n’a fait que me convaincre encore davantage. Parce que cette image négative, parfois péjorative, il faut la renvoyer définitivement au passé. Elle ne correspond plus du tout à la réalité. Et il est important de faire passer ce message à ceux qui en doutent encore, que l’enseignement professionnel est de tous nos enseignements celui qui a connu ces vingt-cinq dernières années la mutation la plus profonde. Le lycée d’enseignement professionnel des années 60-70 ce n’est plus qu’un souvenir, lui qui accueillait des classes conduisant au mieux au CAP, voire au BEP. Aujourd’hui devenu un véritable lycée professionnel ouvrant sur de véritables parcours de réussite, c’est lui qu’il faut promouvoir et saluer.

Je pense par exemple à la formidable contribution au baccalauréat professionnel. Cette formation qui est une invention, il y a maintenant vingt-cinq ans voulue par un autre gouvernement de gauche, et qui a permis à la France de se rapprocher de l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac, ce sont les lycées professionnels qui l’ont permis et le bac professionnel a été un acquis essentiel. Mais en visitant votre établissement trop brièvement, malgré tout je me suis fait cette impression que vous, vous allez encore plus loin. Vous vous êtes approprié la notion de lycée des métiers, vous préfigurez déjà le campus des métiers des qualifications que Vincent Peillon veut promouvoir et labéliser prochainement qui ouvre au-delà du bac – puisque vous allez jusqu’au BTS – et à la licence professionnelle. C’est dans cette direction que nous voulons avancer. Et le ministre de l’Education nationale et moi-même avons été impressionnés par ce que vous avez pu faire de cet établissement.(…)

La force de vos métiers, c’est de conjuguer une longue tradition de savoir-faire, et en même temps un profond besoin de renouvellement de technologies. (…)

Ici, vous avez su instiller de la souplesse dans votre organisation, grâce aux passerelles possibles vers le CAP, mais aussi du CAP au BAC Pro, du BAC Pro au BTS, du BTS à la Licence professionnelle. Là encore notre ambition est bien d’offrir à l’enseignement professionnel des parcours comparables, en durée et en excellence à ceux des autres voies.  C’est un enjeu considérable. Je l’ai dit il y a quelques jours devant les recteurs, et les rectrices, mais aussi les inspecteurs d’Académie, les secrétaires généraux des Académies, que je recevais à Matignon. (…)

Mais il y a aussi ce dialogue que j’évoquais avec les branches professionnelles, les entreprises, et c’est essentiel. J’ai posé la question tout à l’heure aux enseignants, comment ça se passe ? Il y a sûrement des progrès à faire, que l’offre de stage, l’offre en alternance soit plus importante, et donc ça passe par le dialogue : dialogue auquel les régions apportent un concours particulier. Mais à l’échelle nationale, j’installerai prochainement le Conseil national « éducation-économie » qui consistera en une sphère d’échange particulièrement utile, permettant aux entreprises, à leurs organisations professionnelles de mieux comprendre les enjeux du système éducatif, de contribuer positivement à son amélioration et d’en bénéficier elle-même.

C’est donc dans ce dialogue rénové et en lien avec les professionnels du secteur que nous saurons dépasser les oppositions stériles et trouver les moyens d’aller en avant au service de la jeunesse.

(…) Je vous souhaite une bonne rentrée et une bonne année scolaire.

Article complet consultable sur le site de Matignon.

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