L’emploi des jeunes peu qualifiés en France, note du Conseil d’analyse économique présentée au Premier ministre le 24 avril 2013

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Extraits :

L’enjeu : près d’un million de jeunes à la dérive
Aujourd’hui près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en éducation ni en formation. Ces «NEET» représentent près de 17 % de la tranche d’âge. Si la crise a considérablement dégradé la situation des jeunes au regard de l’emploi, la proportion de « NEET » (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation) parmi les 15-29 ans est, en moyenne sur la dernière décennie, de 15 % soit la quatrième part la plus élevée de l’OCDE, après l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Plus grave encore, environ la moitié de ces jeunes, soit 900 000, ne cherchent pas d’emploi. Ils sont à la dérive. (…)
L’enseignement professionnel
De nombreuses études, en France comme à l’étranger, démontrent que l’apprentissage augmente les chances de
transition vers l’emploi dès la sortie du système éducatif.
Ce n’est pas étonnant, car la formation qualifiante constitue, avec les subventions à l’emploi dans le secteur privé, la
manière la plus efficace d’assurer à terme un retour durable à l’emploi non aidé, alors que les emplois du secteur public
n’ont aucun impact significatif.
L’Allemagne, ainsi que l’Autriche et la Suisse, disposent d’un système éducatif dual : à côté d’un parcours d’études semblable à l’enseignement général français, une formation à visée professionnelle combine expérience de travail, apprentissage sur le tas et enseignement en classe (écoles spéciales Berufsschule en Allemagne) ; elle y constitue d’ailleurs la voie principale de transition de l’école vers l’emploi. Ce système repose sur le soutien des employeurs, des syndicats et du gouvernement en matière de réglementation et de financement.
Il dépend aussi de l’acceptation, par les syndicats, des contrats d’apprentissage payés en dessous des contrats
réguliers, en échange de la volonté des employeurs d’offrir une formation pratique. En outre, l’appui du gouvernement
consiste non seulement à développer des écoles professionnelles et à former des enseignants, mais aussi à offrir une
formation préparatoire aux jeunes qui ne sont pas prêts à entrer dans l’apprentissage. Ce « pré-apprentissage » est crucial, car il vise à remettre à niveau les jeunes sur les savoirs fondamentaux. Il les aide à trouver une voie qui les motive, et il leur apprend aussi un « savoir-être » indispensable pour obtenir un poste de formation chez un employeur. Ainsi, la formation professionnelle via l’apprentissage est largement reconnue comme une alternative solide à la voie générale par les jeunes et leurs parents, et n’est pas perçue comme une voie d’échec.(…)

Propositions

Proposition 1. Rééquilibrer les dépenses pour l’apprentissage en faveur des jeunes non diplômés, notamment en modifiant les règles d’affectation hors quota de la taxe d’apprentissage ; minimiser le poids des matières générales dans la certification des compétences professionnelles.
Proposition 2. À budget constant, réorienter et étendre les 150 000 emplois d’avenir en visant, d’une part, 120 000
emplois d’avenir dans le secteur privé financés à 50 % par l’État et accompagnés de formations à mi-temps et, d’autre part, 75 000 formations d’avenir à temps plein dans les EPIDE et les E2C. Prévoir une évaluation de ce dispositif serait opportun.
Proposition 3. Renforcer de manière ciblée les moyens du service public de l’emploi sur les jeunes les moins diplômés,
en s’appuyant sur les missions locales et sur des prestataires extérieurs dont les interventions seraient coordonnées par
une unique entité administrative.
Proposition 4. Ouvrir la possibilité de percevoir le RSA socle dès 18 ans, de type « garantie jeune », mais dont la perception serait conditionnée à une obligation de recherche d’emploi réellement contrôlée et sanctionnée, à un accompagnement personnalisé et, le cas échéant, à des formations véritablement qualifiantes.
Proposition 5. Cibler les contrats de génération sur les rémunérations inférieures à 1,6 fois le SMIC pour l’emploi
des jeunes en CDI. Ainsi l’aide de 4 000 euros bénéficiera en priorité à l’embauche (actuellement très difficile) de jeunes peu qualifiés en CDI, en plus du maintien dans l’emploi d’un senior (…).

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