Enseignement agricole : chemin de croix ou résurrection ?

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Un peu d’humour…

En ce vendredi 29 mars frais mais ensoleillé, bien loin des fastes de la Sorbonne, sous les yeux ahuris du célèbre Lavoisier et de Denis Papin qui inventa la machine à vapeur en 1690, dans le vieux amphithéâtre poussiéreux du prestigieux Conservatoire des Arts et Métiers, Vincent Peillon et Stéphane Le Foll, lyriques et brillants comme à leur accoutumée, ont lancé la concertation pour l’avenir de l’enseignement agricole.

Henri Nallet, un de leur ancien prédécesseur, sérieux comme un pape, présidait les débats, en gardien du temple.

L’esprit acerbe de Michel Rocard* flottait entre les fauteuils déglingués.

L’administrateur général, Christian Forestier, sans doute là depuis l’édification des magnifiques bâtiments, ouvrit le conclave.

Le pendule de Foucault tout proche donnait la direction à suivre.

« Produisons autrement » répéta à l’envi le ministre de l’Agriculture comme pour s’en convaincre.

« L’Ecole de la République doit s’inspirer de l’enseignement agricole » affirma le ministre de l’Education nationale admiratif et quelque peu envieux, citant même les Maisons familiales rurales à la stupeur générale.

Tous les participants unanimes, en communion fraternelle, se félicitèrent de la réussite de l’enseignement agricole liée à la diversité de ses composantes et de ses approches pédagogiques, à la taille modeste et à la bonne gouvernance de ses établissements.

La puissante FNSEA* rebaptisée sur les badges du ministère « Fédération nationale des syndicats de l’enseignement agricole » (je ne plaisante pas) veillait au grain si je puis me permettre. Une poignée d’élèves au sommet de l’amphithéâtre s’ennuyait ferme (ferme/enseignement agricole :)).

Seuls quelques syndicalistes clairsemés revendiquèrent quelques moyens supplémentaires.

« Les conclusions de ces travaux seront remises le 16 mai » nous informa la nouvelle directrice de l’enseignement agricole.

Le buffet dressé pour l’occasion dans la salle des Textiles, au magnifique plafond de bois, vantait les mérites de nos terroirs. Entre les fromages savoureux et les salades insipides, la charcutaille trônait en maître… Un comble en ce Vendredi Saint !

Nous eûmes peur que les représentants du CNEAP*, offensés par tant de désinvolture, quittent la scène de la concertation.

Puis, soudain, un pigeon parisien nullement effrayé par la foule, trop foncé pour être une colombe, descendit du plafond et se posa au milieu du cénacle repu.

Chacun y vit un signe des Dieux, de bon augure.

Chacun trinqua à l’avenir de l’enseignement agricole.

Ainsi soit-Il !

* A l’origine des lois de 1984 réglementant l’enseignement agricole.

* Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles.

* Enseignement agricole catholique privé.

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  1. l’humour fair ressortir des évidences, bravo Patrick, mais faut-il que les dires des politiques ne soient pas que des messages à usage de vernis mais bien des axes fondateurs pour valoriser les actions qui permettent réellement aux jeunes de trouver du sens dans les apprentissages quelqu’ils soient et vive la pédagogie de l’alternance intégrative.

  2. Qu »on nous fasse pendre un vulgaire pigeon pour une colombe, passe encore on est en temps idee crise, mais on ne nous fera pas prendre la langue de bois pour des langues de feu.
    Bon WE

  3. Toujours la plume facile Patrick c est un art de retranscrire un séminaire éléphantesque en un texte agréable @ lire plein de suspens qui finalement ne débouchera sur rien de concrets pour nos épinards ! Mais qui peut bien être ce pigeon gris ????

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