La lettre ouverte des directeurs de CFA aux élus et aux décideurs de l’apprentissage

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Les Directeurs et Directrices de CFA réunis en Congrès ces 5 et 6 décembre 2012 sous l’égide de la FNADIR  lancent un cri d’alarme aux élus et décideurs de l’apprentissage, tant nationaux que régionaux : toujours plus d’objectifs, de moins en moins de confiance et toujours pas de stratégie pour l’apprentissage.

• Toujours plus compliqué :
– des règlementations qui se surajoutent les unes aux autres, tel l’âge légal d’entrée en apprentissage, telle la non concordance entre Régions et Education nationale sur la durée des formations, telle l’obligation d’un Bac+5 pour les formateurs d’enseignement général, telle la circulaire PEILLON  qui modifie la loi CHERPION ;
– des contraintes discriminatoires pour l’apprentissage, telle l’habilitation académique annuelle pour le contrôle en cours de formation en CFA là où l’habilitation est de droit pour l’Education nationale; tel l’accès limité aux métiers pour les mineurs quant à l’utilisation des matériels professionnels ;
– une multiplicité des interlocuteurs, qui ont tous une responsabilité dans la mise en œuvre de l’apprentissage mais avec des visions contradictoires, telle l’orientation entre les mains du principal acteur de la formation et qui ne mentionne guère l’autre façon d’apprendre qu’est l’apprentissage au sein de la formation initiale; tel l’Etat qui pratique la politique du toujours plus d’apprentis, alors que les Régions freinent dans un contexte budgétaire contraint ;
– l’opacité du circuit de financement qui, de projets en projets et de réformes en réformes, n’apporte toujours pas la Taxe d’Apprentissage à l’Apprentissage.

• Toujours autant d’incapacité des politiques à prendre en compte nos savoir-faire :
– une multiplicité d’injonctions, telle la réforme de la voie professionnelle qui s’est construite en ignorant superbement l’apprentissage tout en s’imposant à lui, telles d’excellentes inventions comme l’immersion des formateurs en entreprises ou l’accueil des jeunes sans contrats sans jamais envisager les conditions de mise en œuvre concrètes ; tel l’entretien individuel dans les deux mois de la signature du contrat d’apprentissage inapplicable dans les faits;
– des rapports sans suites, tels les Rapports JOYANDET, LACHMANN, PROGLIO, LARCHER…
– une politique des niveaux de contrôles empilés qui coûte au total aussi cher que les actions menées : FSE, DIRECCTE, Education Nationale, Conseils Régionaux…

• De moins en moins :
– de confiance dans les équipes des CFA, dont les Directeurs et Directrices, tel le DIMA mis en place dans les CFA pour lequel le Principal de collège reste paradoxalement le référent éducatif ; telle l’obligation de laisser un apprenti se fracasser sur un diplôme alors que le CFA sait qu’une adaptation de son parcours pourrait lui être bénéfique ;
– d’efficience et d’efficacité en substituant en permanence une règle à une décision responsable, quand ce n’est pas la règle du jeu qui est changée par le seul fait du Prince, telle la modification du barème de financement des CFA en cours d’exercice ; telle la réduction à une question d’âge de la prise en charge d’un jeune et de son parcours professionnel.

• Et toujours pas de modèle économique : une fois pour toutes, quand décidera-t-on d’associer ce qu’il convient de faire à la manière de le financer ?
Et toujours pas de vision stratégique de l’éducation, attribuant sa vraie fonction à l’apprentissage ;
Et toujours pas de courage politique : les leviers sont identifiés, mais personne ne s’emploie à les actionner durablement ;
Et toujours pas de développement durable de l’apprentissage ;
Et toujours pas de simplification, toujours pas de transparence et toujours pas de fléchage.

Les Directeurs et Directrices de CFA réunis en Congrès FNADIR à AMIENS ces 5 et 6 décembre 2012 dénoncent la situation actuelle de l’apprentissage, dans un contexte instable et précaire.

Ils appellent l’ensemble des institutions tutelles et partenaires à s’appuyer sur son réseau d’experts en l’associant aux réflexions et à la construction d’une politique d’apprentissage d’avenir.

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Une réponse "

  1. bonjour,

    loi sur la FP incluait un volet très succinct sur l’apprentissage ( pourtant formation initiale)
    il est effectivement regrettable que le gouvernement n’ait pas souhaité aller plus loin dans une réforme
    de plus grande ampleur concernant l’apprentissage. ( les 10 grandes orientations à prendre selon l’institut Montaigne sont un bon départ)
    en effet , la formation par la voie de l’apprentissage peut être un des leviers permettant de faire diminuer le chômage des jeunes;
    c’est à ce sujet que je souhaite vous transmettre une contribution :
    De trop nombreuses personnes ignorent la formation dispensée en entreprise artisanale , commerciale et surtout mésestiment le travail réalisé dans les CFA(centre de formation d’apprentis ).
    Professeur retraité d’un CFAI, j’ai souhaité réparer cet ostracisme .J’ai fait éditer en ligne (www.edilivre.com ou http://www.amazon.fr ) un ouvrage autobiographique intitulé / PROF EN CFAI :memoire d’un marginal de l’éducation.
    auteur JACQUES LOUBET .
    C’est une premiére en france . L’ouvrage est un témoignage de mon parcours professionnel atypique au moment des cours professionnels artisanaux itinérants (avant 1977) et après dés la création d’un grand centre de formation d’apprentis .
    Mon dessein est de contribuer à faire connaitre cette formation professionnelle initiale avec en particulier la connaissance des publics (professeurs , éducateurs etc…) à travers des moments précis. l’ensemble de l’ouvrage n’est pas exhaustif.
    Je mets en avant le travail réalisé, j’évoque le système de formation, j’effectue des comparaisons avec la formation sous statut scolaire des LP (lycées professionnels ) ,les 2 formations concourant aux mémes objectifs éducatifs de la nation. je pointe du doigt les différents statuts, les moments de travail mais aussi de confrontation.
    Sans être polémique, j’évoque brièvement le fait syndical , ses problèmes épineux , ses difficultés.
    Au moment ou tout gouvernement semble trouver quelques vertus à cette formation( par ailleurs perfectible) et souhaite augmenter le nombre de jeunes en alternance ,cet ouvrage peut aider modestement à la compréhension et à la sensibilisation de la problématique ;
    merci et bien cordialement à vous jacques Loubet prof CFA retraité

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