Privilégier l’alternance pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes

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Écrit par  Entreprise et Personnel et Institut Montaigne le lundi 27 août 2012 et publié sur www.economiematin.fr
L’analyse des pratiques de pays comme l’Allemagne le montre : l’alternance est un véritable passeport pour l’emploi des jeunes.

L’alternance a pendant longtemps été considérée comme une filière d’échec en France, alors même qu’elle permet aux jeunes d’apprendre un métier, de développer des compétences et  d’affiner leur projet professionnel. Elle fait le lien entre école et monde du travail et doit être envisagée comme une voie d’excellence tournée vers l’acquisition de compétences opérationnelles. L’alternance est un mode de formation alternatif, il ne s’agit pas d’une pré-embauche mais d’un véritable « passeport vers l’emploi » qui permet aux jeunes d’obtenir une qualification reconnue et valorisable, en leur apprenant à interagir dans un univers collectif, en développant leurs savoir-être et savoir-faire. Les familles et les acteurs du système éducatif gagneraient à être sensibilisés à cette autre forme d’enseignement qu’est l’apprentissage. L’exemple allemand nous montre que l’alternance est l’une des pistes les plus fécondes pour favoriser l’accès à l’emploi des jeunes sortis tôt du système scolaire, à qui elle apporte un métier et des compétences, un savoir-être et un savoir-faire nécessaires à la vie professionnelle. Les chiffres en témoignent : en France, l’alternance permet dans huit cas sur dix d’obtenir au final un emploi pérenne et l’apprentissage augmente en moyenne de sept points les chances d’être en emploi…

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Une réponse "

  1. Oui mais!!!
    Certes, l’alternance en formation est un formidable levier d’apprentissage dès lors qu’elle est organisée de manière à co-pénétrer temps en entreprise et temps en centre de formation. Loin de moi l’idée de ne pas mettre en avant ce mode d’apprentissage (qu’il me semble avoir bien étudié, pratiqué, mis en oeuvre…). Néanmoins, il faut se méfier des fausses évidences et des idées simplistes.
    Le modèle pédagogique de l’alternance, de part sa complexité, ne peut à lui seul régler « la misère du monde » et, nous l’avons vu lors du dernier quinquennat, il ne suffit pas de crier « sur sa chaise comme un cabri (en référence à de gaulle): apprentissage, apprentissage » pour que le chômage des jeunes disparaisse par enchantement.
    Tout d’abord, il y a une confusion trop souvent faite entre alternance et apprentissage.
    Quand on parle alternance, on parle pédagogie, sciences de l’éducation…; quand on parle apprentissage, on parle statut juridique, contrat de travail….
    De ce fait, réaliser une formation par apprentissage ne garantit en rien la qualité pédagogique de l’alternance qui se joue, notamment dans le lien entre milieu socioprofessionnel et école.
    Soyons claire; rares sont les institutions qui ont su aujourd’hui combiner la complexité qui se joue dans ce lien essentiel au service des apprentissages (MFR…).
    Considéré ainsi, le statut d’apprenti ne peut donc pas être le remède miracle au chômage des jeunes tant attendu.
    D’ailleurs, les récentes études sur la question (je pense à une étude du CEREQ publiée en mai dernier) montre bien que si, dans les années 70-80, le modèle dual dominant en Autriche, en Suisse et bien sur en Allemagne, a permis de résoudre la double équation: chômage des jeunes sans qualification et difficultés de recrutement des entreprises, aujourd’hui, il semble opportun de nuancer le propos.
    D’abord, le système dual est la voie « normale » pour préparer au métier dans ces pays là.
    Ensuite, la responsabilité centrale du dispositif repose sur les entreprises (et non l’Etat).
    Enfin, et depuis la fin des années 90, le système dual allemand s’est, quelque peu grippé car un nombre de plus en plus important de jeunes se dirigent vers une poursuite d’études générales et universitaires (et oui comme en France) avant de revenir vers l’apprentissage.
    Dans ces conditions, on comprend que l’insertion des jeunes soit moins problématique qu’en France ou l’apprentissage est considéré (consciemment ou pas) comme une voie de rattrapage (au mieux).
    Comparaison n’est donc pas raison. D’ailleurs, les entreprises allemandes sont de plus en plus nombreuses a trouver que le système dual coute cher (trop cher) à la société allemande.
    Bref, la France doit certes s’interroger sur la place de l’apprentissage et revaloriser ce statut de formation mais sans une réflexion plus pédagogique qui dépasse la simple question du statut et du: « il faut copier les allemands » la question de l’insertion des jeunes risque de rester d’actualité. Au fait; le chômage des jeunes est plus important dans les pays ou il y a peu (pas) d’apprentissage; difficile de donner des réponse simple à des questions complexes (Japon=9%; Allemangne=11%).

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