7 idées pour rénover l’école à l’attention des candidats à l’élection présidentielles

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1. D’abord la volonté de prendre en compte la dimension territoriale. Il faut avoir la conviction de l’importance de l’assise identitaire que représente le territoire, intégrer l’idée que ses acteurs et l’école ne s’opposent pas, que le territoire et l’école peuvent travailler ensemble… Le projet d’établissement doit clairement énoncer sa dimension territoriale, préciser les instances éducatives qui font intervenir les acteurs du territoire dans l’école, instituer des espaces de débat…

2. La capacité d’innovation. L’école reste, malgré ses évolutions, une structure rigide, corsetée dans des cadres institutionnels rigides. Il faut lui permettre d’innover, de pouvoir articuler les temps d’apprentissage, son environnement et l’intérêt collectif, de pouvoir aller sur le terrain pour réaliser des observations, des études, des expérimentations, de se déplacer vers les autres, de conduire des entretiens avec les partenaires de la vie sociale et économique locale, de proposer de réelles activités de production, support de transformation de la personne, comme le savent très bien le faire les pédagogues de l’alternance. Ne faudrait-il pas aussi intégrer l’école dans les politiques publiques de l’emploi dont elle est étrangement absente !

3. Le partage des questions éducatives et pédagogiques. L’école a besoin de s’appuyer sur un dialogue élargi, sur une mobilisation sociétale d’envergure. Comment peut-elle faire pour faire interagir différentes personnes aux statuts multiples dans les processus d’apprentissage et éducatifs ? Comment peut-elle mettre l’apprenant dans différents statuts qui le sortent de son rôle permanent et passif d’élève ? Comment le rendre citoyen, salarié, étudiant à la fois ? Comment l’impliquer dans des démarches collectives ? L’éducation des jeunes ne se joue pas uniquement dans la salle de classe. Comment donc articuler la diversité des temps d’éducabilité de l’enfant et des adultes qui l’entourent ? C’est cette approche globale que doit avoir l’école. La coéducation – même si le mot n’est pas extraordinaire – est à la base du processus. Il faut un aller-retour permanent entre l’éducation formelle et l’éducation informelle. D’autre part, chaque personne doit être considérée non comme un individu dans un groupe social mais comme un membre d’un groupe social, d’une famille, d’une communauté, en interactions réciproques. Il n’y a pas d’évolution du milieu si ce milieu ne progresse pas ensemble, ce qui sous-entend que la communauté doit partager les projets d’avenir.

4. Une didactique des savoirs basés sur le milieu de vie et les savoirs populaires. Qui se souvient de ce petit instituteur handicapé, le Grand Célestin Freinet, qui, dans son petit village des Alpes-Maritimes, envoyait ses élèves faire des études de milieu plutôt que de les cloîtrer dans sa salle de classe pourtant ensoleillée ! Une des difficultés de la formation vient de la difficulté de pouvoir enseigner des matières en relation avec la vie des jeunes. La leçon est valable dans la mesure où elle est une réponse disait déjà Roger Cousinet . Ne peut-on pas envisager de repenser les « savoirs » scolaires en lien avec la vie de tous les jours et celle vécue dans les familles ? Il ne s’agit pas d’enfermer les jeunes dans leur environnement mais bien de dépasser celui-ci en prenant appui sur du concret.

5. Des enseignants à l’écoute du territoire. Dans l’optique que je développe ici, la formation des enseignants est un véritable problème. La compétence disciplinaire et le niveau du diplôme ne sont pas les seules contraintes à prendre en compte – si la mastérisation allait résoudre les problèmes de l’éducation, ça se saurait ! -. Nous avons besoin de formateurs qui associent des aptitudes d’accompagnateur, d’accoucheur de projet, qui sachent s’appuyer sur l’environnement, centre de ressources permanent pour le monde scolaire.

6. Des processus de socialisation hors de l’école. L’école ne fera pas tout. Si nous ne savons pas réinventer des mouvements d’éducation populaire qui prolongent la vie scolaire et préparent à la responsabilité, rien ne sera possible. Il ne s’agit pas d’être nostalgique des camps scouts, il s’agit de proposer des activités ludiques et éducatives qui préparent, autant que l’école, à la citoyenneté et à la vie en collectivité.

7. Un projet politique ambitieux. Vous aurez compris – du moins je l’espère – que le modèle de développement que je propose est fondé sur une société agissante et une dynamique locale. Il s’agit de mobiliser les communautés de base autour d’une éthique citoyenne, d’une gouvernance partagée, de la prise en compte du corps social. Il s’agit de trouver des affinités, des connexions, une communication d’intérêts pour bâtir un projet éducatif à la fois global, local et territorial.

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