L’école de Tours et les universitaires

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À partir des années 1980, l’Université de Tours avec l’arrivée de Georges Lerbet va se passionner pour l’alternance. Cet intérêt n’est pas le fruit du hasard. Ce sont les Maisons familiales rurales qui la sollicitent pour monter un dispositif permettant à ses formateurs d’acquérir un diplôme universitaire de niveau II en s’appuyant sur leurs expériences de terrain. Cette collaboration va être à l’origine de nombreuses publications à partir des recherches effectuées dans ce cadre, tant par les étudiants que leurs professeurs. Georges Lerbet créera, avec certains pionniers de ces formations promotionnelles, le Groupe d’étude et de recherche sur les faits éducatifs (GREFED) qui sera un véritable laboratoire d’idées et d’échanges de pratiques sur l’alternance.

On retrouve parmi eux, Gaston Pineau, né en 1939, enseignant-chercheur en science de l’éducation et en science sociale, André Geay, ancien directeur du Centre de formation d’apprentis de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Poitiers, ancien professeur associé au département des sciences de l’éducation, responsable de l’unité de recherche Autonomie et alternance éducatives, à la fois praticien et universitaire, Paul Bachelard, ancien recteur, président de l’Université de Tours et membres de l’équipe de la Direction de la recherche et des études doctorales (DRED) Éducation et alternances. Il est sans doute un des rares recteurs de France qui se soit intéressé, sérieusement, à l’alternance. D’autres noms sont associés à ce courant : Dominique Violet, Maître de conférence, Catherine Guillaumin, chargé de mission Alternance et pédagogie auprès d’une Délégation académique à la formation professionnelle initiale et continue (DAFPIC)…

Citons également quelques autres universitaires qui ont réfléchi au sujet : le pédagogue Jean Houssaye, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Rouen et responsable du Centre interdisciplinaire sur les valeurs, idées, identités et compétences en éducation et formation (CIVIIC) ; Alain Bercovitz, de l’Université de Nancy, qui était en relation avec Laurent Schawrt ; ou encore Jean-Claude Sallaberry, professeur en sciences de l’éducation, directeur de la collection Cognition et Formation chez L’Harmattan.

Georges Lerbet, ancien instituteur au parcours promotionnel atypique, philosophe et psychologue, est un spécialiste reconnu en logique et épistémologie qui a fait porter l’essentiel des ses travaux universitaires sur l’intelligence de la complexité et des paradoxes en éducation.

Dès 1969, à l’Institut universitaire de technologie de Tours, puis vers 1975, il commence à réfléchir aux modalités d’appropriation du savoir après les travaux de Piaget sur le fameux réussir et comprendre. Ces réflexions le conduisent à fonder une distinction entre l’appropriation des savoirs par consommation et l’appropriation par production. Chargé de conférences et directeur de thèse à l’École des hautes études en sciences sociales de 1975 à 1982, maître de conférences puis professeur à l’université de Clermont-Ferrand de 1970 à 1980, il aide Daniel Chartier à mettre en place le perfectionnement long destiné aux moniteurs des Maisons familiales. Ce sera pour lui un terrain d’expérimentation sur l’alternance et l’acquisition des savoirs.

À l’Université de Tours, à partir de 1980, dont il est professeur émérite, il dirige de nombreuses thèses en Sciences de l’éducation et animé un laboratoire de recherches : le Groupe d’étude et de recherche sur les faits éducatifs.

Il a entraîné des générations d’étudiants dans ce que certains ont nommé l’École de Tours qu’il a contribué à créer par l’accueil de multiples courants de théorisation appliqués au domaine de l’éducation et de la formation, et en particulier dans celui de la complexité et de l’alternance.

Gérard Malglaive a un parcours lié à la formation des adultes et à l’univers de la formation professionnelle et ses mutations : promotion sociale au milieu des années 1950, apparition chez des industriels d’un intérêt pour la formation des salariés dans les années 1960, création de l’Institut national de formation des adultes (INFA). Après avoir travaillé au Centre universitaire de coopération économique et sociale (CUCES), à l’INFA puis au Conservatoire des arts et métiers, durant toute sa carrière, il a constamment mené de front une réflexion théorique sur le développement cognitif de l’adulte et la mise en œuvre de formations appuyées sur une pédagogie innovante de l’alternance. Ses travaux portent sur l’articulation entre théorie et pratique réalisée dans l’alternance et les effets recherchés de la socialisation au travail, sur la production de compétences dans une triple perspective, cognitive (mieux agir grâce à la théorie), professionnelle (formaliser les pratiques) et managériale (réaliser les objectifs en gérant les finances et les relations de pouvoir). Il met en place également un cycle de formation par apprentissage dans le cadre de l’Université de Marne la Vallée et le projet Ingénieurs 2000, avant de partir à la retraite.

Il publie en 2007 un ouvrage : Formateur d’adultes, un itinéraire qui raconte sa vie.

Les porte-parole de l’Alternance : l’école de Tours et les universitaires, Patrick GUES, 2009

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